Chère M,
Depuis ce fameux mardi, comme tu l’as si bien repris, petit à petit je me prends de tes instants si doux et si avenants; enveloppé dans cet agréable passe-temps à t’écrire, à te parler comme l’allégresse au coeur chaque fois que revient l’Été. Et donc, je me laisse aller. Oui, je me laisse aller, emporter vers toi dans un élan enflammé sans caprice, sans mélodrame telle la mer aux étreintes lunaires. D’ailleurs, la Lune s’est-elle jamais plainte du soleil? De sa lumière, de sa chaleur?
Et voici, tout d’un coup tu me précipites dans cet Imboglio, me demandant de tout oublier, de rayer un souvenir empli de charmes. Laisser tomber ces petits moments endormis dans tes instants, comme si je le pouvais. Si le ciel m’eut fait atélophobe, il ne m’a point ceint d’amnésie, et le temps a ces instants que la mémoire recèle.
Mais, si je t’écris aujourd’hui, c’est juste par souci de ne pas t’écrire… Dis-je, de ne pas te déranger car, quoique ma réponse à ta requête ne puisse être un Oui, encore moins un Oui amnésique, me demander cela vaut quand même la peine que je te laisse un instant à toi-même.
Sans vouloir t’importuner.
©∆bim’∆rt|06.02.2016