Vilain chapeau

« Si je ne puis t’offrir de Couronne digne ne serait-ce de papier ou d’argile je ne te donnerai pas un vilain chapeau. »

12 avril, 2018

Saurais-je cracher au visage du Temps, écrire juste pour maudire l’Amour qui un jour a fleuri dans les tic-tacs de nos instants intercoupés, qui s’est épanoui à petit feu d’Enfer à la saveur de notre solitude adulée par les… de notre cœur meurtri intrépide? Le Temps est sans conscience, son crime est odieux. Plus raison de chercher à se blâmer nos péchés, à se lancer le dé pipé de la culpabilité et de toutes les fautes qui accablent à présent nos souvenirs et entravent nos désirs endettés. On s’est jamais rien promis, on s’était lié nos vœux amoureusement sans jamais de rien juré. S’il est vrai de notre mémoire nos souvenirs ruissèlent de tant d’actes manqués, il n’y a pas eu de promesses brisées. Depuis que sur les lèvres encore pucelles de ta Vermeille, ton soûl-rire nubile maculé de baisers d’Iris Ditaphile j’étais devenu te rendre heureuse était devenu mon plus grand désir. Voilà en somme la vérité si je te mens. […]

Comme t’as su me dire une fois « Je t’aime parce que tu m’as aimée à un moment où je ne m’aimais pas moi-même », j’ai toujours vu en toi tout ce que toi tu n’arrivais pas, cru en toi comme personne avant moi, et presque sûrement [comme] personne après moi. Je t’ai connue avant l’ivresse de mes dés-faux, j’ai eu une partie de toi que même en mille vies personne d’autre jamais n’aura, […]. Je voulais que tu franchisses les portes scées qui inlassablement t’empêchaient de devenir une femme accomplie, que tu brilles de mille feux de cette flamme célestielle qui sommeille tout au fond de toi. Je voulais que tu grandisses chaque jour un peu plus, que tes capacités se libèrent et que tes pensées et ton amour deviennent matures, que tes actes reflètent enfin tes choix et désirs profonds et non plus machinalement le vouloir des autres, y compris moi. Je voulais que tu puisses te passer quelque peu de qui que ce soit, même de moi de sorte que tes besoins envers moi ne fussent plus qu’amour et désir et non pas/plus parce que tu te sentes faible et/ou impuissante face à quoi que ce soit. Par-dessus tout, je voulais que tu crois en toi. Je me suis adonné à t’apprendre à devenir une femme forte, indépendante de tous et même, de moi. Mon Cœur seul toujours saura les battements de bonheur de l’ouvrage de cet amour de toi. Être « la principale priorité d’une femme » est quelque peu égoïste, surtout quand elle franchit à peine le printemps de sa jeunesse et que toute sa vie est à bâtir. Alors, jamais je ne t’aurais laissé une fois me mettre avant ton avenir. […]

Partager chaque instant de ma vie, te vouer à m’offrir tous les soins de douceurs, d’amours et de tendresses que les dieux envient, être celle qui me porterait sur la roue de l’existence et du bonheur quotidien, dans tous mes sourires et soupirs, partout, envers et contre tout et par dessus tout porter en ton sein le fruit de cet amour a toujours été ton vœu le plus cher envers moi. […]

On s’est aimé passionnément dans un tourbillon d’émotions éblouies sous le joug pesant de l’ombre de la Nuit; à plus que deux raisons- quand même la peur que le Temps puisse un jour l’un de l’autre nous isoler jamais se faisait vielle dans les ruines de notre inconscient- on avait l’un bâti dans le Cœur de l’autre un autel pour abriter nos desiderata éternellement. T’as toujours été plus forte que moi sur ce coup-là à tenir bon. L’éternelle constance de ta patience douceur m’a toujours épaté, égaré dans les maux de mon impatience douloureusement qui ne cessait d’attendre. […] La Distance est à l’Amour ce que le vent est au feu: elle éteint le petit et attise le grand. Disons, elle rend toute chose précieuse infiniment plus précieuse. Que le ciel maudisse mes rêves et l’Enfer engloutisse mes liesses si je n’avoue combien […] tu m’as aimé d’un amour pieux. Égoïste envers toi j’ai jamais été. […]

Tout s’était passé si vite. J’étais pas disposé, prêt encore pour un autre Cœur-à-Cœur. […] Si la meilleure décision dans l’univers étriqué des possibilités ça n’aura pas été, quand même elle restera à mes yeux toujours la plus pure. Toutefois, c’est là un chapitre déjà clos, alors revenons.

[…] Si je ne puis t’offrir de couronne digne ne serait-ce de papier ou d’argile je ne te donnerai pas un vilain chapeau. […] Alors point de regret si aujourd’hui tu n’es pas là. Ceux qui sont faits pour être ensemble finiront toujours par se retrouver; qu’est-ce que j’en sais?! La vérité, il n’y a que l’Avenir qui puisse en conclure. Et il n’est que l’Amour pour faire oublier les maux d’Amour.

[…] Si dans ma vie je te possède à nouveau, je ne serai plus cet amoureux paladin qui te séduisait anxieusement, qui habillait tes désirs de délicates envies et ton sourire de frêles poésies; plus ce… qui se faisait précepteur de ton avenir et qui surveillait méticuleusement tes pas comme une Mère ceux fébriles de son enfant. Je ne laisserai plus le jour au vent, simplement le Temps à la mort et attendre ce que l’avenir, capricieux, nous charrie nonchalamment. J’apprendrai à te regarder comme cette femme maintenant tu deviens même si au fond de moi le plus profond toujours tu resteras la même qui un soir d’hiver m’a séduit sensiblement. Un jour à la fois, je ferai tout pour te garder, moi qui voudrais te voir en l’accomplissement de tous tes rêves. Je me dévouerai une fois de plus à ce bonheur […] afin que cet amour qui un jour notre xœur a défloré […] ceigne à jamais ensemble nos vœux.

[…] Toutefois le bonheur n’attend pas. Ainsi donc, concrétise tes souhaits, sois heureuse et construis ta vie.


©∆bim’∆rt|12.04.2018