«Chaque jour où tu n’es pas là est comme un jour de plus où tu m’aurais abandonné.»
Une Nuit encore, le noir envahit chaque bribe infinie du temps insouciant, dans son inconstance qui se repaît de promesses oubliétées sous un Ciel dénudé sans visage.
Le vide m’emplit de maux, l’espace tant qu’à rétrécir sous ma Peau me rapetisse la distance qui sépare chaque parcelle du Ça d’avec les mots.
Je revois les instants, les jours avec toi où j’ai pas encore été, les amours, l’osmose de nos âmes éperdues que notre sommeil n’a pas oublié de rêver.
Une Nuit encore vient de naître dans le chant élogieux des Ménestrels, entre deux dimensions où la cause devient l’effet même, où l’éternel vient marier l’éphémère.
Encore une Nuit monotone, une triste joie dans la nitidité innocente de la Lune quand le silence des maux rassérène mon cœur de nos mille caresses.
Une brise à la nostalgie du rêve soudainement me précipite sur les reliques de ton absence et impuissant devant l’aura de ta majesté toujours je me sens chaque fois qu’à trouver la sunique mélodie qui saura des ronces de ton dru sommeil t’extirper je vacille entre les ondes.
Encore une nuit blanche où je te décris cent larmes sempiternelles à travers des mots à demi teints, qu’à l’impersonnel je t’écris quand j’accouche les noces algiques du Temps du rêve de notre bonheur que mon cœur étreint.
Encore une nuit où amoureusement je repense à Nous-Deux, inlassablement je me refais nos vœux mode contemplation temps passe-temps à plus que de raison.
Encore une nuitée solitaire, assoiffée, amoureuse où l’avenir me manque, où le passé me tente et le présent est un dilemne où je ne sais si je dois continuer à te chercher ou si je dois plutôt t’attendre.
Chaque jour où tu n’es pas là est comme un jour de plus où tu m’aurais abandonné, laissé à l’agonie éploré après avoir ma peau et mes lèvres de ton ambroisie-saveur maculé, mon vit de ton con satin-velours et ma langue de ton spirituel liqueur.
Chaque jour sans toi me fait plus mal que toutes les blessures, dussé-je entonner.
Mais qu’à cela ne tienne. Tant qu’à languir, tant qu’à décrire les couleurs Sion-nées que ta vermeille à mes arcs-en-Ciel peint, la douce souffrance qui les boyaux sensibles me rogne je les dépose dans ces lignes.
M’enfin, le soir j’entrepose mon soûl-rire à l’endroit de ta muse, donc point de regret si ma Lune est obombrée, point d’étonnement si les astres jalousent ton égerie, si Érato envie ta poésie. Faramineuse est ton Adonie.
Si mon sommeil adorne le visage de ta Majesté, c’est parce que Lòrien m’a inculqué ce que révèle rêver.
Si ma Flûte est éthérée, Illmater seul toujours saura les Mélopées qui abreuvent mes doux-leurres à Léthé.
Quand sur les toiles de Vaïre le cœur de ta puce, Ëll, m’offrira virginité j’irai sur les voiles de l’Éternité quérir le palladium antique qui perce vermeil, si ce n’est assez au poed du fleuve où la source de Lö coule j’irai trouver Orphée pour solfier le doriath de cet hyménée.
Réveille-toi, Majesté, sur cette lettre agitée que mon cœur te présente. Empresse-toi, Bien-Aimée. Livre-toi à cet Amour qui te tend les bras.
©∆bim’∆rt|03.02.2018